Lundi 19 octobre 2026, un tribunal de Mombasa a reconnu le prédicateur Paul Mackenzie et ses coaccusés coupables du meurtre de 191 personnes, dont 190 enfants, dans le cadre du drame de la forêt de Shakahola.
À la tête de l’Église internationale de Bonne Nouvelle (Good News International Church), Paul Mackenzie aurait imposé à ses fidèles un jeûne extrême présenté comme un moyen d’accéder au paradis avant la fin du monde.
Selon les éléments retenus par la justice, les enfants comptaient parmi les premières victimes. Certains auraient été privés de nourriture tandis que leurs parents assistaient à leur agonie. Des personnes chargées de faire respecter les consignes auraient aussi empêché des fidèles de fuir ou de se nourrir.
Le prédicateur, qui niait avoir contraint quiconque à mourir de faim, a néanmoins été déclaré coupable avec ses coaccusés concernés, le tribunal estimant les preuves de l’accusation suffisantes.
Plus de 400 corps découverts dans la forêt
L’affaire a éclaté en 2023, lorsque les autorités ont commencé à exhumer des corps dans des fosses communes de la forêt de Shakahola, dans le comté côtier de Kilifi. Plus de 400 dépouilles ont depuis été découvertes.
Le verdict porte toutefois sur 191 décès. Les investigations se poursuivent pour les autres victimes, dont beaucoup restent difficiles à identifier.
Les défaillances de l’État au centre des interrogations
La tragédie soulève également des questions sur la surveillance des organisations religieuses et la protection des personnes vulnérables. Paul Mackenzie avait déjà attiré l’attention des autorités plusieurs années avant la découverte des fosses communes, son activité ayant fait l’objet d’interventions policières.
En 2023, le président kényan William Ruto avait reconnu que les services de l’État auraient dû empêcher le drame. Depuis, l’affaire alimente les appels à un encadrement plus efficace des organisations religieuses, sans remettre en cause la liberté de croyance.
Une étape judiciaire, mais pas la fin de l’affaire
L’audience sur les circonstances atténuantes est prévue le 30 octobre 2026, avant le prononcé des peines, attendu le 6 novembre. Paul Mackenzie fait aussi l’objet d’autres poursuites liées à des décès supplémentaires présumés.
Le drame de Shakahola dépasse donc le seul cas du prédicateur : il révèle les dangers de l’emprise sectaire lorsque des enfants sont privés de protection et que les signaux d’alerte ne déclenchent pas une intervention à temps.
Pour les familles, le verdict constitue une étape majeure. Pour le Kenya, il reste à comprendre comment une telle tragédie a pu prendre une telle ampleur et à renforcer les mécanismes capables d’empêcher qu’elle se reproduise.








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