Accueil / Afrique de l'Est / Police et IA : l’Éthiopie devient le premier pays africain à expérimenter le commissariat intelligent
Afrique de l'Est

Police et IA : l’Éthiopie devient le premier pays africain à expérimenter le commissariat intelligent

À Addis-Abeba, l’Éthiopie expérimente une nouvelle manière de rapprocher les services de police des citoyens.

Police et IA : l’Éthiopie devient le premier pays africain à expérimenter le commissariat intelligent
Dans le quartier de Bole, un commissariat dit « intelligent » permet désormais de signaler une infraction ou une situation nécessitant l’intervention des forces de l’ordre à travers des bornes numériques, sans présence permanente de policiers derrière un guichet.

Le fonctionnement repose sur des écrans tactiles installés dans différents espaces. L’usager sélectionne la nature de sa demande — infraction, problème de circulation ou autre signalement — renseigne les informations nécessaires puis transmet sa déclaration. Celle-ci est ensuite prise en charge à distance par un véritable agent de police, qui apparaît à l’écran pour recueillir les précisions et décider, lorsque cela est nécessaire, de l’envoi d’une patrouille sur place.

Une police davantage numérisée

L’expérience de Bole ne signifie donc pas que l’intelligence artificielle remplace les policiers. Elle illustre plutôt une évolution vers une police connectée, dans laquelle les outils numériques permettent de réduire certaines contraintes liées à la présence physique des agents.

Lors de ses premières semaines, le dispositif a enregistré plusieurs signalements, notamment une déclaration concernant un passeport perdu et une affaire de fraude financière. Les autorités espèrent que son utilisation augmentera progressivement à mesure que la population se familiarisera avec ce nouveau mode d'accès aux services de police.

Dans la trajectoire de Digital Ethiopia 2030

Cette expérimentation s'inscrit dans la stratégie Digital Ethiopia 2030, qui vise à accélérer la transformation numérique des services publics. Le pays développe parallèlement ses capacités nationales en matière d'intelligence artificielle.

En février 2026, l'Ethiopian Artificial Intelligence Institute, en partenariat avec le PNUD et l'Université d'Addis-Abeba, a notamment lancé l'AI University Innovation Pod, une plateforme destinée à soutenir la recherche, la formation et le développement de solutions reposant sur l'IA.

Un modèle encore à l'épreuve

Le principal enjeu sera désormais celui du passage à l'échelle. Une solution numérique peut faciliter l'accès aux services publics, mais son efficacité dépend aussi de la connectivité, de la maîtrise des outils par les citoyens et de la capacité des services à répondre rapidement aux signalements.

L'expérience de Bole constitue ainsi un projet pilote de modernisation des services de police plutôt qu'une police entièrement automatisée. Si le modèle parvient à convaincre les usagers et à démontrer son efficacité, il pourrait ouvrir la voie à de nouvelles formes de services publics numériques en Éthiopie.

L'Éthiopie ne remplace donc pas encore ses policiers par l'IA : elle teste une police où la technologie devient l'interface entre le citoyen et l'agent.
Paul-Emmanuel Ella
Reporter sportif
Retrouvez tous les articles de Paul-Emmanuel Ella sur MédiaNews.
PublicitéPublicité

À lire aussi

Commentaires

Aucun commentaire pour le moment. Soyez le premier à réagir à cet article.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les commentaires sont modérés avant publication.