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Ouganda : arrêtée après ses critiques contre le fils de Museveni, Praise Aloikin derrière les barreaux

En Ouganda, l’affaire Praise Aloikin Opoloje suscite de nouvelles interrogations sur la liberté d’expression et le traitement réservé aux voix critiques du pouvoir.

Ouganda : arrêtée après ses critiques contre le fils de Museveni, Praise Aloikin derrière les barreaux
Cette avocate et militante anticorruption de 27 ans a été placée en détention à la prison de Luzira après avoir été inculpée pour l’utilisation présumée d’une carte SIM enregistrée au nom d’une autre personne. Elle a plaidé non coupable.

Une affaire de carte SIM sur fond de critiques politiques

Selon l’accusation, Aloikin aurait utilisé en septembre un numéro MTN enregistré au nom de sa mère pour mener une activité considérée comme illégale. Le dossier judiciaire fait notamment référence à des contenus diffusés sur les réseaux sociaux concernant le général Muhoozi Kainerugaba, chef des forces de défense ougandaises et fils du président Yoweri Museveni.

L’activiste avait notamment publié des messages particulièrement critiques à l’égard du général. Des éléments rapportés dans le dossier judiciaire mentionnent également l’emploi de termes insultants à son encontre. La défense conteste l’accusation et Aloikin reste présumée innocente à ce stade de la procédure.

Une militante déjà connue pour son engagement

L’affaire intervient alors que Praise Aloikin s’est fait connaître ces dernières années par ses actions en faveur de la lutte contre la corruption et son engagement citoyen. Elle avait notamment participé à des mobilisations réclamant davantage de transparence dans la gestion publique.

Son engagement lui a également valu une reconnaissance internationale. En 2025, elle a reçu le Prix des défenseurs des droits humains de l’Union européenne en Ouganda et figurait parmi les finalistes du Martin Ennals Award for Human Rights Defenders.

Des inquiétudes sur les circonstances de son arrestation

Avant son passage devant la justice, l’activiste avait été signalée comme étant temporairement introuvable après s’être rendue dans un commissariat de Namungoona. Des organisations de la société civile avaient alors demandé aux autorités de clarifier sa situation et de garantir son accès à sa famille et à ses avocats. La police a ensuite confirmé qu’elle était détenue et qu’elle devait être présentée devant la justice.

Cette affaire intervient dans un contexte plus large de préoccupations concernant les droits humains en Ouganda. Dans son dernier rapport consacré au pays, Amnesty International documente notamment des cas d’arrestations arbitraires, de détentions et de restrictions visant des opposants ou des personnes critiques du gouvernement.

Une prochaine étape judiciaire le 14 octobre

La justice a fixé au 14 octobre 2026 la prochaine audience, au cours de laquelle les avocats de Praise Aloikin devraient notamment demander sa remise en liberté sous caution. Si elle était reconnue coupable de l’infraction qui lui est reprochée, elle pourrait encourir une amende, une peine d’emprisonnement pouvant aller jusqu’à trois ans, ou les deux, selon les dispositions invoquées par l’accusation.

Pour ses soutiens, l’affaire dépasse ainsi la seule question de la carte SIM et soulève celle de la liberté d’expression dans un contexte politique tendu. Pour les autorités, il s’agit à ce stade d’une procédure judiciaire fondée sur une infraction présumée. Le dossier devra désormais être examiné par la justice ougandaise.
Paul-Emmanuel Ella
Reporter sportif
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