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Afrique de l'Est

Kenya : un candidat à la présidentielle s’oppose au projet de raffinerie d’Aliko Dangote

Le projet de raffinerie pétrolière porté par le milliardaire nigérian Aliko Dangote au Kenya suscite des réserves sur la place des investisseurs étrangers dans les secteurs stratégiques.

Kenya : un candidat à la présidentielle s’oppose au projet de raffinerie d’Aliko Dangote
Patrick Osoi, candidat à l’élection présidentielle de 2027, estime que les entrepreneurs kényans disposent des capacités nécessaires pour développer une infrastructure de cette envergure. 

Ses déclarations ouvrent un débat sur les choix industriels et les ambitions économiques du pays.

Lors d’une rencontre avec ses partisans, Patrick Osoi a directement interpellé Aliko Dangote, lui demandant de ne pas précipiter le lancement de la raffinerie. Le candidat a même affirmé qu’en cas de victoire à la présidentielle, il demanderait à l’homme d’affaires de quitter le Kenya.

Il défend ainsi une approche privilégiant les capacités nationales et la participation des entrepreneurs locaux aux grands projets industriels. Toutefois, il n’a pas présenté de plan détaillé précisant comment les investisseurs kényans pourraient financer et réaliser une infrastructure d’une telle ampleur.

Prévue à Lamu, sur la côte kényane, la raffinerie représente un investissement estimé entre 15 et 16 milliards de dollars. Sa capacité envisagée pourrait atteindre 700 000 barils par jour, avec l’ambition d’approvisionner le marché kényan et d’autres pays d’Afrique de l’Est.

La souveraineté économique au cœur des débats

La sortie de Patrick Osoi remet en lumière une question centrale pour de nombreuses économies africaines : comment attirer les investissements nécessaires au développement industriel tout en renforçant la participation des entreprises nationales ?

La construction d’une raffinerie de cette dimension exige des financements considérables, une expertise technique spécialisée, un approvisionnement régulier en pétrole brut et des infrastructures adaptées au transport et à la distribution des produits pétroliers.

La volonté de privilégier les investisseurs nationaux soulève donc des interrogations sur les moyens financiers et techniques disponibles, ainsi que sur les délais nécessaires à la réalisation d’un tel projet.

Des défis fonciers et environnementaux

Au-delà du financement, le projet de Lamu doit également composer avec des préoccupations locales liées à l’utilisation des terres, aux indemnisations et aux conséquences environnementales potentielles.

Ces questions s’ajoutent aux défis industriels et logistiques qui conditionneront la faisabilité de l’installation. La concrétisation du projet dépendra notamment de la sécurisation des financements, de l’approvisionnement en pétrole brut et de la prise en compte des contraintes liées au site.

Une controverse à l’approche de la présidentielle de 2027

À l’approche de l’échéance électorale, Patrick Osoi fait de la participation des entrepreneurs kényans à l’économie nationale un axe de son discours. Reste à savoir quelles mesures concrètes il proposerait pour mobiliser les capitaux locaux et garantir la réalisation d’un projet de cette envergure.

De son côté, le projet de raffinerie d’Aliko Dangote s’inscrit dans les ambitions industrielles soutenues par le président William Ruto. À ce stade, les déclarations du candidat ne signifient pas que le projet a été suspendu ou annulé.

Au-delà de la controverse, le débat porte sur l’avenir industriel du Kenya : renforcer les capacités des entreprises nationales, continuer à attirer les grands investisseurs internationaux ou rechercher un modèle associant capitaux étrangers et participation locale.
Jean-Marc Obiang
Rédacteur en chef
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