Mise en œuvre à la rentrée scolaire d’octobre 2026, cette réforme porte sur le vocabulaire des manuels, mais aussi sur les thèmes abordés en classe. Un document d’accompagnement de 190 pages aurait été mis à la disposition des enseignants.
Parmi les changements annoncés, le terme « colonisateur » est remplacé par « envahisseur », tandis qu’« explorateur » cède la place à « espion ». La colonisation est désignée comme une « invasion impérialiste » et la décolonisation comme la « libération de l’Afrique ».
Ces choix traduisent la volonté des autorités de réexaminer le récit de la colonisation en mettant davantage l’accent sur les conquêtes, leurs conséquences et les expériences des populations africaines.
Une nouvelle approche de la géographie
La réforme concerne également les termes employés pour décrire les réalités économiques et sociales. L’expression « groupe socioculturel » est privilégiée à la place d’« ethnie », tandis que les mots « opportunités » et « défis » sont mis en avant pour remplacer « problèmes » et « faiblesses ». Les expressions « pays pauvre », « pays endetté » et « pays enclavé » sont également concernées par cette révision lexicale.
L’objectif affiché est de favoriser une présentation moins dévalorisante des pays africains et de mettre en lumière leurs ressources et leurs perspectives de développement. Toutefois, le changement de vocabulaire ne fait pas disparaître les réalités économiques ou géographiques qu’il convient d’étudier.
L’AES et la souveraineté des ressources au programme
De nouveaux contenus portent notamment sur la Confédération des États du Sahel (AES) et sur la dénonciation de la prédation des ressources naturelles du Burkina Faso. La réforme entend ainsi accorder davantage de place aux références historiques nationales, aux figures locales et aux enjeux de souveraineté.
Cette orientation s’inscrit dans un contexte régional marqué par la volonté des autorités de renforcer l’autonomie politique, économique et culturelle des États sahéliens.
Entre réappropriation historique et esprit critique
La révision des manuels soulève aussi une question pédagogique : comment valoriser les perspectives africaines tout en préservant la rigueur historique et la diversité des interprétations ? Les choix lexicaux peuvent influencer la compréhension des événements, mais l’enseignement doit également permettre aux élèves de confronter les sources, d’analyser les faits et de développer leur esprit critique.
Au-delà des mots, la portée de cette réforme dépendra de son application dans les classes, de la formation des enseignants et de la qualité des contenus proposés. Pour les autorités burkinabè, l’enjeu est de faire de l’école un levier de transmission de l’histoire nationale et de consolidation de la souveraineté culturelle.








Commentaires
Aucun commentaire pour le moment. Soyez le premier à réagir à cet article.
Laisser un commentaire
Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les commentaires sont modérés avant publication.