Le groupe parlementaire Pastef-Les Patriotes a refusé de soutenir le texte en commission, estimant que plusieurs choix budgétaires nécessitent des ajustements et des garanties supplémentaires. Ce désaccord met en lumière les divergences entre les exigences de rigueur financière du gouvernement et les priorités défendues par les députés de la majorité.
Au terme des discussions en commission, aucun compromis global n’a été trouvé. Les députés de Pastef ont notamment demandé des explications plus détaillées sur les dépenses publiques, la dette de l’État et les mesures envisagées pour préserver le pouvoir d’achat des ménages.
Les dépenses sociales au cœur du désaccord
Le parti conteste certaines réductions de crédits touchant des secteurs jugés prioritaires, notamment la santé, l’éducation, la formation professionnelle, l’hydraulique et les infrastructures. Il souhaite que les arbitrages budgétaires tiennent davantage compte des besoins des populations et des investissements nécessaires au développement du pays.
Pastef appelle également à mieux encadrer les dépenses de fonctionnement de l’État et à rationaliser les ressources consacrées aux structures parapubliques. Le groupe parlementaire demande par ailleurs des éclaircissements sur les fonds mobilisés dans le cadre du Projet autonome de réponse d’urgence contingente (CERP), notamment sur leur affectation et les accords de financement correspondants.
Dette publique et pouvoir d’achat : les autres points de friction
La question de la dette constitue un autre sujet majeur. Les députés réclament des données détaillées sur les engagements financiers de l’État, les déficits anticipés et la soutenabilité des finances publiques.
Sur le plan social, Pastef souhaite que les éventuelles réductions des subventions énergétiques soient accompagnées de mesures destinées à limiter leurs conséquences sur les ménages et les entreprises. Le parti évoque notamment une baisse de la fiscalité sur les produits pétroliers et une meilleure maîtrise des coûts de l’électricité.
Le gouvernement défend ses arbitrages
De son côté, l’exécutif justifie le projet de loi par les contraintes économiques et financières auxquelles le Sénégal est confronté. Il affirme avoir transmis des éléments complémentaires pour répondre aux interrogations des parlementaires et entend expliquer les choix retenus, notamment en matière de recettes, d’investissements et de subventions.
L’enjeu consiste désormais à rapprocher les positions avant la poursuite de la procédure parlementaire. Le rejet en commission ne signifie pas, à lui seul, que le texte est définitivement abandonné : son avenir dépendra des prochaines étapes de l’examen législatif et de la capacité des acteurs à parvenir à un accord.
Une épreuve pour la majorité parlementaire
Ce désaccord révèle les difficultés auxquelles peut être confrontée une majorité lorsque les choix budgétaires deviennent un sujet de débat interne. Pour le gouvernement, il s’agit de maintenir l’équilibre des finances publiques ; pour les députés de Pastef, l’objectif est d’obtenir davantage de garanties sur les dépenses sociales, la transparence financière et la protection du pouvoir d’achat.
L’issue des discussions sera déterminante pour la mise en œuvre des ajustements budgétaires prévus pour 2026. Elle permettra également de mesurer la capacité de l’exécutif et de sa majorité à concilier les impératifs financiers avec les engagements sociaux défendus devant les Sénégalais.








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