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« Le temps de l’administration ne devrait pas devenir le tombeau des opportunités » : l’ANPI-Gabon face à la détresse des entrepreneurs

« Le temps de l’administration ne devrait pas devenir le tombeau des opportunités » : l’ANPI-Gabon face à la détresse des entrepreneurs
Au Gabon, les difficultés techniques signalées au guichet unique de l’Agence nationale de promotion des investissements (ANPI-Gabon) suscitent des interrogations sur les délais de formalisation des entreprises. 

Dans une réaction publiée sur Facebook, Sylvie Nzamba Kotha dénonce une situation qui, selon elle, pénalise les porteurs de projets et appelle les responsables à apporter des réponses concrètes.

Créer une entreprise est souvent le premier pas vers l’indépendance financière, la création d’emplois et la concrétisation d’une ambition. Mais pour certains entrepreneurs gabonais, ce parcours se heurte à des obstacles administratifs qui prolongent l’attente et fragilisent les projets. Au cœur des préoccupations : le fonctionnement du guichet unique de l’ANPI-Gabon, censé simplifier les démarches de création d’entreprise.

Dans une publication sur sa page Facebook, Sylvie Nzamba Kotha tire la sonnette d’alarme. Elle évoque des difficultés techniques qui perdureraient depuis plus de vingt-deux mois, après l’affichage, en janvier 2025, d’une note de service faisant état de dysfonctionnements. Selon elle, des usagers continueraient de rencontrer des difficultés pour obtenir leurs documents de formalisation, notamment les fiches circuit.

Des dossiers en attente, des projets fragilisés

Derrière les procédures administratives, il y a des entrepreneurs qui attendent de pouvoir donner une existence officielle à leur activité. Certains ont déjà engagé des dépenses, préparé leurs projets ou entamé des démarches commerciales. Lorsque les documents nécessaires tardent à être délivrés, c’est toute la suite de leur parcours qui peut être compromise.

Des usagers, selon les constats rapportés, quitteraient ainsi les locaux de l’ANPI-Gabon déçus de ne pas avoir obtenu les documents attendus après plusieurs mois de démarches. Une situation qui nourrit l’incompréhension et alimente le sentiment d’impuissance de ceux qui souhaitent entreprendre.

Pour Sylvie Nzamba Kotha, les conséquences dépassent largement la simple attente administrative. Un retard peut faire perdre un marché, compromettre un investissement ou repousser la création d’emplois. Dans un contexte où l’entrepreneuriat est régulièrement présenté comme un levier d’insertion professionnelle et de développement économique, ces blocages interrogent l’efficacité des dispositifs censés accompagner les initiatives privées.

Une réforme dont le fonctionnement est attendu

La mise en place du guichet unique répondait à une ambition claire : regrouper plusieurs services et simplifier les formalités liées à la création d’entreprise. L’objectif était de réduire les déplacements, d’alléger les procédures et de faciliter l’accès des entrepreneurs aux démarches administratives.

Mais, dans sa réaction, Sylvie Nzamba Kotha soulève une question centrale : comment garantir l’efficacité d’une réforme si les difficultés techniques persistent sans visibilité suffisante sur leur résolution ?

« Afficher une note de service peut informer les usagers. Mais informer sur un problème ne remplace pas sa résolution », rappelle-t-elle en substance. Son interpellation porte ainsi sur la nécessité de dépasser le simple constat des dysfonctionnements pour apporter des réponses concrètes aux personnes concernées.

La situation appelle notamment des éclaircissements sur les causes des difficultés, les mesures correctives engagées et le calendrier envisagé pour un retour à un fonctionnement normal. Des solutions provisoires pourraient également être étudiées afin de permettre aux entrepreneurs de poursuivre leurs démarches dans le respect des règles en vigueur.

Les autorités attendues sur des réponses concrètes

À travers cette prise de parole, Sylvie Nzamba Kotha interpelle les responsables de l’ANPI-Gabon et les autorités compétentes. Elle réclame davantage de transparence sur les solutions envisagées et un dispositif permettant de limiter les conséquences de ces retards sur les porteurs de projets.

Cette interpellation fait écho aux préoccupations rapportées par des usagers confrontés à des démarches prolongées. Elle met en lumière une attente essentielle : celle d’un service public capable non seulement d’annoncer des réformes, mais aussi d’en assurer la continuité et l’efficacité.

À ce stade, les éléments rapportés ne permettent pas d’établir précisément l’ampleur des retards ni de déterminer les causes techniques exactes des difficultés. Une communication officielle de l’ANPI-Gabon permettrait de préciser la situation, les mesures déjà prises et les perspectives de résolution.

Entreprendre ne devrait pas être un parcours d’obstacles

Au-delà du fonctionnement de l’ANPI-Gabon, cette situation pose la question de l’accompagnement administratif des entrepreneurs dans le pays. Encourager les jeunes à créer des entreprises suppose de leur offrir un environnement dans lequel les démarches sont compréhensibles, les délais maîtrisés et les difficultés traitées avec diligence.

La formalisation d’une entreprise n’est pas une simple étape bureaucratique. Elle conditionne l’accès à certaines opportunités commerciales, la participation à des marchés et le développement d’activités susceptibles de générer des revenus et des emplois.

Le message de Sylvie Nzamba Kotha est donc sans ambiguïté : les ambitions entrepreneuriales ne peuvent prospérer durablement sans des services publics opérationnels et réactifs.

« Nos jeunes n’ont pas seulement besoin qu’on leur dise d’entreprendre. Ils ont besoin d’une administration qui leur permette effectivement de le faire », insiste-t-elle.

Une interpellation qui remet au centre du débat une exigence fondamentale : faire en sorte que les lenteurs administratives ne deviennent pas un frein à l’initiative privée. Car derrière chaque dossier en attente, il peut y avoir une entreprise qui tarde à naître, un emploi repoussé et une opportunité économique qui risque de disparaître.

Pour les entrepreneurs concernés, l’attente est désormais celle de réponses précises et de solutions durables.
Jean-Marc Obiang
Rédacteur en chef
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