Le 12 octobre 2026, la Cour constitutionnelle a rejeté pour irrecevabilité
le recours d’Ariel-Eloi Iwangou-Iwangou, qui contestait les conditions dans
lesquelles le gouvernement avait engagé la procédure de modification de la loi
n°016/2025 du 27 juin 2025. Déposée le 28 septembre dernier, la
requête visait la délibération du Conseil des ministres ayant adopté le projet
de modification de ce texte. Pour le responsable du PRD, cette démarche
reposait sur une version de la loi dont la publication avait été retirée du
Journal officiel à la suite d’erreurs matérielles. Le désaccord porte notamment
sur les versions datées des 27 et 30 juin 2025. Ariel-Eloi Iwangou-Iwangou
estimait que la publication du 30 juin s’était substituée à celle du 27 juin,
retirée pour des erreurs matérielles.
L’article 72, relatif à l’exigence des 10 000 numéros d’identification
personnel (NIP), se trouve au centre de cette contestation. Selon le requérant,
le retrait de la première publication empêchait le gouvernement de s’appuyer
sur cette version pour engager une procédure de modification.
Il sollicitait donc l’annulation de la délibération gouvernementale,
considérant que celle-ci avait été prise sur une base juridique contestable.
La Haute juridiction se déclare
incompétente pour examiner la délibération
Au cours de la procédure, les ministres de la Réforme et de l’Intérieur
alors en fonction ont défendu la légalité de la démarche gouvernementale. Ils
ont notamment fait valoir qu’un projet de loi adopté en Conseil des ministres
ne pouvait pas être soumis, à ce stade, au contrôle de constitutionnalité.
La Cour constitutionnelle a retenu une approche fondée sur les compétences
que lui confère la Constitution. En s’appuyant sur les articles 114 et 115,
elle a rappelé que son pouvoir de contrôle s’exerce sur des catégories d’actes
expressément définies par les textes.
La délibération du Conseil des ministres attaquées par le président du PRD
ne figurant pas parmi ces actes, la juridiction a considéré qu’elle ne pouvait
pas en examiner la conformité à la Constitution. Les arguments relatifs à la
régularité de la procédure ne pouvaient donc pas, à eux seuls, justifier son
intervention.
Le délai de contestation
constitue un second obstacle
La décision repose également sur les règles encadrant la contestation des
lois promulguées. La Cour rappelle que l’article 115 de la Constitution fixe à
trente jours après la publication le délai dans lequel elle peut être saisie
pour examiner la constitutionnalité d’une loi promulguée.
Dans sa motivation, la Haute juridiction précise que la requête aurait été
irrecevable même si le retrait de la version initiale n’était pas intervenu, en
raison du dépassement de ce délai.
Cette précision renforce la portée procédurale de la décision : la Cour ne
s’est pas prononcée sur la validité des différentes versions de la loi, mais
sur les conditions dans lesquelles elle pouvait être saisie.
Une question juridique qui reste
sans réponse sur le fond
L’irrecevabilité du recours ne signifie pas que la Cour a tranché la controverse
relative aux publications successives de la loi sur les partis politiques. Elle
ne confirme ni ne réfute l’interprétation défendue par Ariel-Eloi
Iwangou-Iwangou concernant les effets du retrait de la version du 27 juin 2025.
Le différend sur la portée juridique de ce retrait demeure ainsi distinct
de la décision rendue le 12 octobre. La Haute juridiction a uniquement statué
sur la recevabilité de la requête au regard de ses compétences et des délais
constitutionnels.








Commentaires
Aucun commentaire pour le moment. Soyez le premier à réagir à cet article.
Laisser un commentaire
Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les commentaires sont modérés avant publication.