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Airtel Gabon–Canal+ : Oligui Nguema exige des acteurs privés des réalisations concrètes

Lors de sa visite de plusieurs chantiers à Libreville, le 10 septembre, le président Brice Clotaire Oligui Nguema a adressé un message ferme à Airtel Gabon et Canal+ Gabon : les terrains accordés par l’État doivent désormais donner lieu à des réalisations concrètes.

Airtel Gabon–Canal+ : Oligui Nguema exige des acteurs privés des réalisations concrètes

Lors de sa visite de plusieurs chantiers à Libreville, le 10 septembre, le président Brice Clotaire Oligui Nguema a adressé un message ferme à Airtel Gabon et Canal+ Gabon : les terrains accordés par l’État doivent désormais donner lieu à des réalisations concrètes.

La formule lancée par le chef de l’État — « Construisez ou partez ! » — illustre la volonté des autorités de renforcer l’ancrage territorial des grandes entreprises présentes au Gabon.

Des entreprises appelées à plus d’ancrage

Cette position s’inscrit dans une orientation plus large du gouvernement. Depuis le 1er janvier 2026, les entreprises immatriculées au Registre du commerce, à l’exception des PME réalisant moins de 2 milliards de FCFA de chiffre d’affaires, sont notamment soumises à une obligation d’ériger ou d’acquérir un immeuble destiné à abriter leur siège social.

À travers cette mesure, les autorités souhaitent favoriser l’investissement immobilier, renforcer la présence physique des entreprises sur le territoire et encourager la constitution d’un patrimoine économique local.

Le rappel adressé à Airtel et Canal+ dépasse donc le seul cas de ces deux groupes. Il traduit une volonté de l’État de s’assurer que les avantages accordés aux entreprises, notamment à travers la mise à disposition de terrains, soient accompagnés de réalisations tangibles.

Airtel et Canal+ : une situation à encadrer juridiquement

Si le principe d’exiger le respect des engagements peut difficilement être contesté, la mise en œuvre d’une telle politique doit toutefois tenir compte du cadre juridique applicable.

Pour Airtel Gabon, opérateur majeur des télécommunications, un éventuel retrait ou une interruption d’activité ne pourrait intervenir simplement sur la base d’une injonction publique. Les licences et autorisations d’exploitation sont encadrées par des procédures réglementaires précises.

Une décision affectant l’activité de l’opérateur aurait par ailleurs des conséquences sur les abonnés, les emplois, les fournisseurs, les recettes fiscales et l’écosystème numérique.

Le cas de Canal+ présente également des enjeux particuliers, compte tenu de son poids dans le secteur audiovisuel et de l’écosystème économique développé autour de ses activités.

Le défi : faire respecter la règle sans freiner l’investissement

Le véritable enjeu pour les autorités gabonaises sera donc de transformer cette mise en garde en une politique cohérente et prévisible.

Lorsque des terrains publics sont attribués avec des obligations précises, celles-ci doivent pouvoir être contrôlées dans des délais clairement définis. En cas de manquement, les procédures prévues par les textes doivent être appliquées, dans le respect des droits des entreprises concernées.

L’objectif ne devrait pas être de provoquer le départ d’investisseurs, mais plutôt d’obtenir des engagements respectés, des infrastructures construites et une contribution accrue du secteur privé au développement national.

En rappelant que « la force d’un État, ce n’est pas l’administration. C’est le secteur privé », le président Oligui Nguema place ainsi les entreprises au cœur de sa vision économique.

Reste désormais à voir si le mot d’ordre « Construisez ou partez » se traduira par des chantiers effectivement lancés et achevés, et surtout s’il constituera le début d’une politique plus large d’évaluation des engagements pris par les grandes entreprises installées au Gabon.

Christine Mba
Chroniqueuse
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