La
situation judiciaire de Bilie-By-Nzé, ancien Premier ministre et
président du parti Ensemble pour le Gabon, continue de susciter des
réactions dans le débat public gabonais. Dans cette nouvelle tribune, Dr
Stéphane Iloko Boussengui, président fondateur du Large Rassemblement
Arc-en-ciel, revient sur la durée de détention de l’ancien chef du gouvernement
et appelle à un réexamen de sa situation.
Dans
un texte particulièrement ferme, l’auteur place son propos sur le terrain de la
dignité humaine, de la proportionnalité de la justice et du respect des
droits fondamentaux, tout en affirmant ne pas réclamer un traitement de
faveur pour l’ancien Premier ministre.
À
travers cette tribune, Stéphane Iloko Boussengui livre ainsi une lecture
personnelle d’une affaire qui, selon lui, dépasse désormais les clivages
politiques et pose une question plus large sur la justice et l’État de droit au
Gabon.
MédiaNews
publie cette tribune dans sa rubrique Opinion. Les propos et positions exprimés
n’engagent que leur auteur.
JE REVIENS UNE FOIS DE PLUS SUR LE CAS DE BILIE-BY-NZÉ
Je l’ai dit et je le redis, sans la moindre hésitation : aucune raison,
même la plus insensée, ne peut aujourd’hui justifier que le président du parti
politique Ensemble pour le Gabon, l’ancien Premier ministre, notre compatriote
Bilie-By-Nzé, soit maintenu en captivité.
Qu’on l’aime ou qu’on ne l’aime pas, qu’on partage ou non ses opinions
politiques, nous devons tous être capables de nous retrouver sur l’essentiel :
la dignité humaine, la justice et le respect des droits fondamentaux.
Plus de 150 jours de détention pour une dette supposée de 5 millions de
francs CFA, contractée il y a 18 ans, dans le cadre de l’organisation d’une
fête de la culture qui, de surcroît, aurait dû relever d’une organisation et
d’un financement publics : cela devient tout simplement inadmissible et
injustifiable.
Je ne demande pas que l’on fasse de Bilie-By-Nzé un homme au-dessus des
lois. Je demande simplement que la justice soit juste, proportionnée, et
qu’elle ne transforme pas une affaire financière en une situation qui ressemble
désormais à une privation de liberté sans fin.
Nous pouvons avoir des désaccords politiques. Nous pouvons avoir des
reproches à nous adresser. Nous pouvons même nous opposer frontalement.
Mais il existe un moment où la politique doit s’arrêter devant la dignité
humaine.
C’est pourquoi je lance une fois de plus cet appel :
LIBÉREZ BILIE-BY-NZÉ !
Ce compatriote a suffisamment payé, si tant est qu’il ait quelque chose à
payer.
Le Gabon que nous voulons construire ne peut pas être celui où l’on
s’habitue à voir un opposant au régime en place rester derrière les barreaux
pendant des mois pour une affaire dont les circonstances remontent à près de
deux décennies.
La justice n’est pas la vengeance.
L’État de droit n’est pas la captivité.
Et la dignité humaine ne doit jamais dépendre de nos affinités politiques.
Aujourd’hui, au-delà de Bilie-By-Nzé, c’est notre conception de la justice
et de l’État de droit qui est interpellée.
Je demande donc solennellement que sa situation soit réexaminée et qu’il
retrouve sa liberté.
Dr Stéphane Iloko Boussengui
Président fondateur du Large Rassemblement Arc-en-ciel








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