La lutte contre la corruption
soulève une nouvelle réflexion dans le débat public gabonais. Dans cette
tribune, Geoffroy Foumboúla Libeka Makosso, acteur civique et de la démocratie
participative, interroge la cohérence entre les ambitions affichées de
moralisation de la vie publique et certaines nominations ou distinctions
accordées à des personnalités qu’il affirme avoir été condamnées pour des faits
de détournement de fonds publics.
À partir de
sa lecture d’un rapport de la Cour des comptes, l’auteur questionne les
exigences d’intégrité, d’exemplarité et de responsabilité qui devraient, selon
lui, accompagner l’exercice des hautes fonctions et l’attribution des
distinctions de la République.
MédiaNews
publie cette tribune dans sa rubrique Opinion. Les positions et analyses
exprimées n’engagent que leur auteur.
PEUT-ON LUTTER CONTRE
LA CORRUPTION QUAND ON CONTINUE D'ÉLEVER EN RANG ET DIGNITÉ DES PERSONNALITÉS
CONDAMNÉES POUR DÉTOURNEMENT DE FONDS PUBLICS ?
Près de 400 pages du rapport de la Cour des Comptes circule sur les réseaux
sociaux. La lecture de certains noms nommément cités comme coupables de
détournement de fonds a retenu mon attention.
Enfant, quand une personne était promue à un poste de responsabilité, les parents et les voisins nous parlaient d'enquête de moralité. Mieux encore, on faisait admettre au commun des mortels que ta vie et ton passé étaient question avant d'être nommés à une haute fonction.
La lecture de ce rapport m'emmène à comprendre que la République est en
danger et la justice une parodie.
Comment expliquer que certaines personnalités ayant des condamnations auprès de la Cour des Comptes pour détournement de fonds publics soient encore nommées à des postes de responsabilité ou élevées en dignité ? Je parle ici des nominations et élévations en dignité avant, pendant et après la période de Transition pour certaines d'entre elles.
Doit-on ici retenir que pour être respecté et considéré dans ce pays même sous la 5ième République il faut d'abord être un criminel financier,etc...? Peut-on aboutir à une moralisation de la cité quand l'Exécutif, le Législatif et le Judiciaire qui crient haut et fort qu'il faut mettre fin à la corruption continue de laisser les criminels financiers condamnés par la Justice occuper des fonctions prestigieuses et surtout recevoir publiquement des distinctions ?
Un infirmier, un enseignant, un artiste, un acteur civique,un étudiant,etc...ayant servi avec dignité son pays sans détourné trouvera toutes les peines du monde à être élevé au rang de chevalier dans l'ordre du mérite mais, une personnalité qui a pillé le pays, condamnée par la Cour des Comptes pour détournement de fonds ne trouvera aucune difficulté à être élevée au rang de Commandeurs, Grand-croix,etc... Avec cette politique du "mérite façon façon", on est sûr de bâtir une nation de délinquants moraux et financiers.
- La Justice à travers la Cour des Comptes qui rédige le rapport sait qui a été condamnés pour détournement ou non;
- Le Président de la République qui nomme aux hautes fonctions civiles et militaires, premier destinataire du rapport de la Cour des Comptes sait qui a été condamnés pour détournement de fonds;
- Le Président de l'Assemblée Nationale et le Président du SÉNAT, autres destinataires du rapport de la Cour des Comptes savent qui a été condamné pour détournement des fonds.
Mais, plusieurs personnalités pour lesquelles les noms figurent pour
détournement de fonds sont promues et publiquement élevées en dignité sous les
yeux des Pouvoirs Exécutif, Législatif et Judiciaire qui disent tous vouloir
mettre à la corruption. Ils seront nommés ou confirmés, eux ou leurs proches
aux prochains Conseils des Ministres.
Quand le Pouvoir Exécutif, le Pouvoir Législatif et le Pouvoir Judiciaire
voudront réellement mettre fin à la corruption et au détournements de fonds,
ils le feront. Pour l'heure, nous ne sommes qu'à l'étape de la communication
qui dure depuis plus de 20 ans sans jamais passer à l'action.
Geoffroy FOUMBOULA LIBEKA MAKOSSO
Acteur Civique
Acteur de la
Démocratie Participative




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