Les autorités guinéennes ont ordonné jeudi 17 septembre la suspension « avec effet immédiat » de France 24 sur l’ensemble du territoire national. La décision fait suite à l’utilisation, lors d’un journal télévisé, de l’expression « président putschiste » pour désigner le chef de l’État Mamadi Doumbouya.
France 24 a reconnu une erreur et indiqué qu’elle présenterait ses excuses ainsi qu’une rectification à l’antenne. La Haute Autorité de la communication (HAC) a néanmoins maintenu sa décision, invoquant notamment le maintien de la séquence incriminée sur les plateformes numériques de la chaîne et demandant des corrections sur l’ensemble de ses canaux. La HAC avait déjà protesté la veille contre l’emploi de ce qualificatif, qu’elle jugeait inapproprié.
Cette interdiction intervient dans un contexte médiatique particulièrement sensible en Guinée. Depuis l’arrivée au pouvoir de Mamadi Doumbouya en 2021, plusieurs médias ont fait l’objet de suspensions ou de restrictions, tandis que la HAC a également retiré cette semaine l’accréditation du correspondant de Jeune Afrique, invoquant des « manquements professionnels ». France 24 est par ailleurs déjà interdite ou suspendue dans plusieurs pays de la région. Ces décisions relancent le débat sur les relations entre autorités de régulation, médias et exercice de la liberté de la presse en Afrique de l’Ouest.








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