Le Burkina Faso veut franchir un nouveau
cap dans l’accès à l’électricité. Le gouvernement a autorisé la mobilisation de
104,175 milliards de FCFA pour moderniser les infrastructures électriques,
étendre les réseaux et renforcer les capacités opérationnelles de la Société
nationale d’électricité du Burkina (SONABEL) et de l’Agence Faso Vêenem. À la
clé : plus de 250 000 ménages, mais aussi des écoles, des centres de santé et
des entreprises, devraient bénéficier directement de ces investissements.
Réuni jeudi 10
septembre à Bobo-Dioulasso, le Conseil des ministres a donné son feu vert à un
programme qui place l’électrification au cœur des priorités énergétiques du
pays. Le gouvernement entend ainsi accélérer le déploiement des infrastructures
nécessaires à l’amélioration de l’accès à l’électricité, notamment dans les
zones encore éloignées des réseaux.
L’ambition affichée
est importante. Le ministre de l’Énergie, Yacouba Zabré Gouba, a évoqué un
objectif de 70 % d’électrification à
l’horizon 2030. Le Pacte national de l’énergie 2026-2030 fixe
toutefois une cible nationale encore plus ambitieuse, à 90 %, avec l’objectif d’atteindre 100 % en milieu urbain et 70,73 % dans les zones
rurales.
Le chemin à
parcourir reste néanmoins considérable. Selon les données du Pacte national de
l’énergie publié en juin 2026, seulement 34,2
% de la population burkinabè avait accès à l’électricité en 2024.
Un immense
défi pour les zones rurales
C’est dans les
campagnes que se concentre l’essentiel du retard. En 2024, le taux
d’électrification atteignait 87,83 % en
milieu urbain, contre seulement 10,21
% dans les zones rurales. Un an auparavant, ce dernier taux
s’établissait à 7,71 %.
Cette fracture
énergétique constitue l’un des principaux défis du programme gouvernemental.
Les investissements annoncés devront notamment permettre d’étendre les réseaux
de transport et de distribution vers les localités encore mal desservies.
Une étude de la
Banque mondiale confirme l’ampleur du défi : l’accès à l’électricité dans les
zones rurales est passé d’environ 7 % en 2023 à près de 10 % en 2024. Le
document pointe également plusieurs contraintes structurelles, notamment les
coûts élevés de production, la vétusté de certaines infrastructures et la
dépendance aux combustibles importés.
Produire
davantage, mais surtout mieux distribuer
L’enjeu ne consiste
donc pas uniquement à augmenter la production électrique. Le Burkina Faso doit
également disposer d’un réseau suffisamment robuste pour acheminer l’énergie
vers les ménages, les entreprises et les services publics.
Les 104,175 milliards de FCFA annoncés
devraient ainsi contribuer à renforcer les équipements, moderniser les
infrastructures existantes et étendre les réseaux électriques. Le renforcement
des moyens de la SONABEL et de l’Agence Faso Vêenem doit également permettre
d’améliorer les capacités opérationnelles du secteur.
Parallèlement, les
autorités misent sur la diversification du mix énergétique, avec une place
croissante accordée au solaire.
Grâce à son important potentiel d’ensoleillement, le Burkina Faso dispose d’un
atout majeur pour développer cette source d’énergie et réduire progressivement
sa dépendance aux combustibles importés.
L’électricité
comme levier de développement
Au-delà des
chiffres et des infrastructures, le programme revêt un enjeu économique et
social majeur.
Un meilleur accès à
l’électricité doit permettre d’améliorer le fonctionnement des établissements
scolaires et sanitaires, de favoriser la conservation des produits
alimentaires, de faciliter l’accès à l’eau et de soutenir le développement des
activités génératrices de revenus.
Pour les entreprises,
une alimentation électrique plus stable constitue également un facteur
essentiel de compétitivité et de productivité.
Le gouvernement a
déjà engagé plusieurs projets destinés à accroître les capacités nationales de
production et d’évacuation, notamment à travers le développement de centrales
solaires et le renforcement de postes électriques. Les nouvelles ressources
annoncées doivent désormais permettre d’accélérer cette dynamique.
Le
véritable défi : transformer l’annonce en résultats
L’enjeu sera
désormais celui de l’exécution.
Car au-delà des 104 milliards de FCFA annoncés, la réussite du programme se
mesurera à des résultats concrets : nouveaux raccordements, extension effective
des réseaux, amélioration de la qualité du service et réduction des disparités
territoriales.
Avec seulement un
habitant rural sur dix ayant accès à l’électricité, le Burkina Faso devra
réaliser un véritable saut énergétique en moins de cinq ans pour se rapprocher
de ses objectifs de 2030.
L’investissement
annoncé constitue une étape majeure. Mais le véritable test sera de transformer
ces milliards en électricité effectivement disponible dans les villages, les
écoles, les centres de santé, les entreprises et les foyers qui en sont encore
privés.





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