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Tchibanga : procès sous tension dans l’affaire Lionel Boulingui–Marion Minerals

Le Tribunal judiciaire de Tchibanga a examiné, jeudi 24 septembre 2026, l’affaire opposant Lionel Giovanni Boulingui à la société d’exploitation de marbre Marion Minerals.

Tchibanga : procès sous tension dans l’affaire Lionel Boulingui–Marion Minerals

Le Tribunal judiciaire de Tchibanga a examiné, jeudi 24 septembre 2026, l’affaire opposant Lionel Giovanni Boulingui à la société d’exploitation de marbre Marion Minerals. Poursuivi pour diffamation à la suite d’une vidéo publiée sur les réseaux sociaux, le prévenu a comparu devant une salle fortement mobilisée.

Selon le compte rendu de l’audience transmis par SOS Prisonniers Gabon, à l’origine de la présente relation des faits, l’affaire remonte à juillet 2026. Lionel Boulingui avait alors publié une vidéo dans laquelle il interrogeait de jeunes Gabonais recrutés par Marion Minerals sur leurs conditions de travail, allant jusqu’à s’interroger sur l’existence de pratiques pouvant s’apparenter à de l’esclavage.

Des témoignages au cœur des débats

Toujours selon ce compte rendu, deux jeunes concernés par la vidéo ont été entendus comme témoins de la défense. Ils auraient déclaré avoir été recrutés en mars 2025 sans contrat écrit et évoqué plusieurs difficultés liées à leurs conditions professionnelles.

L’un des témoins aurait notamment affirmé que les jeunes avaient saisi, avant l’intervention de Lionel Boulingui, plusieurs autorités, dont le procureur, le gouverneur, la DGDI et l’inspection du travail, sans obtenir de réponse favorable.

Le responsable QHSE de Marion Minerals, entendu à son tour, aurait confirmé que les deux témoins figuraient parmi les premiers employés recrutés en mars 2025, tout en précisant qu’ils avaient le statut de « journaliers », selon le compte rendu de SOS Prisonniers Gabon.

Un débat sur les conditions de travail

Ces déclarations ont ouvert un débat juridique sur la nature des relations de travail. L’avocat de Lionel Boulingui a notamment soutenu que l’absence initiale de contrat et la situation des travailleurs pouvaient avoir des conséquences au regard du Code du travail.

La défense a également invoqué ce qu’elle considère comme « l’exception de vérité », estimant que les éléments évoqués dans la vidéo pouvaient être examinés à la lumière des témoignages recueillis à l’audience. Le président du tribunal aurait lui-même rappelé, selon le compte rendu, que l’ensemble des circonstances devait être examiné dans la recherche de la vérité.

Une audience marquée par plusieurs incidents

Les débats ont également été ponctués de tensions entre le parquet et la défense. D’après SOS Prisonniers Gabon, le procureur aurait notamment qualifié Lionel Boulingui de « malhonnête » et de « gueulard », des propos contestés par son avocat. Le président du tribunal est alors intervenu pour appeler les parties à la sérénité.

Un autre incident est intervenu lorsque le procureur a demandé que de nouveaux faits susceptibles de constituer un outrage à magistrat soient examinés, sur la base d’un message attribué au prévenu sur WhatsApp. La défense a contesté cette initiative, entraînant une suspension de l’audience pendant 45 minutes. À la reprise, les plaidoiries ont finalement pu se poursuivre.

Un an de prison requis

Dans ses réquisitions, le procureur de la République a demandé, selon le compte rendu de l’audience, un an d’emprisonnement et un million de FCFA d’amende à l’encontre de Lionel Boulingui. L’avocat de Marion Minerals aurait, pour sa part, demandé que le prévenu soit condamné et « serve d’exemple ».

La défense a demandé la relaxe de son client, soulevant notamment des arguments liés à la recevabilité de la procédure, à l’absence d’intention délictuelle et à la liberté d’expression. Elle estime également que la vidéo ne faisait que poser des questions à partir des témoignages de travailleurs.

Le verdict attendu le 29 septembre

Au terme des débats, Lionel Boulingui a eu la parole en dernier. Selon SOS Prisonniers Gabon, il a déclaré qu’il continuerait, s’il devait se retrouver dans une situation similaire, à venir en aide à des compatriotes qu’il considère en difficulté.

Le Tribunal judiciaire de Tchibanga a finalement mis l’affaire en délibéré. Le verdict est attendu mardi 29 septembre 2026.

À ce stade, les différents éléments rapportés dans cette affaire correspondent aux déclarations et arguments des parties au procès. Ils ne préjugent pas de la décision judiciaire à venir.

Source principale : compte rendu de l’audience transmis par SOS Prisonniers Gabon.

Jean-Marc Obiang
Rédacteur en chef
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