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Justice gabonaise : la rentrée judiciaire 2026 ouvre le chantier de la confiance

La nouvelle année judiciaire s’est ouverte lundi 5 octobre à Libreville avec un message fort autour de la responsabilité, de l’efficacité et de l’éthique.

Justice gabonaise : la rentrée judiciaire 2026 ouvre le chantier de la confiance
Rentrée judiciaire 2026-2027

 La rentrée solennelle des cours et tribunaux a notamment été marquée par l’installation de trois nouveaux responsables au sein des plus hautes juridictions du pays.


André Wora Alonda a officiellement pris ses fonctions de premier président de la Cour de cassation. Jean-Gaspard Ondo Mintsa a été installé comme commissaire général à la Loi près le Conseil d’État, tandis que Pamphile Moussavou Ibouanga prend désormais les commandes de la Cour des comptes en qualité de premier président.

La cérémonie s’est tenue en présence du président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguema, en sa qualité de président du Conseil supérieur de la Magistrature, ainsi que du ministre de la Justice, de responsables d’institutions et de plusieurs représentants diplomatiques.

Une activité judiciaire en forte progression

Les échanges ont permis de mettre en lumière l’importance du volume de contentieux traité par les juridictions. Depuis octobre 2025, 44 600 nouvelles procédures auraient été enregistrées au niveau des 16 juridictions, contre 27 505 lors de l’exercice précédent.

Au 30 juin 2026, 36 670 affaires avaient par ailleurs été traitées.

Pour le ministère public, ces indicateurs ne doivent toutefois pas conduire à réduire la performance judiciaire à une simple course aux statistiques. Le fonctionnement d’une justice efficace repose également sur la qualité juridique des décisions, leur célérité et leur mise en œuvre effective.

La déontologie comme ligne directrice

À la Cour des comptes, le nouveau premier président entend faire de la déontologie une priorité de son mandat.

Pamphile Moussavou Ibouanga a appelé les magistrats à rester fidèles aux principes qui encadrent leur fonction, notamment l’indépendance, l’impartialité, la probité, la dignité et le respect de la loi.

Pour le responsable de la Cour des comptes, l’autorité du magistrat repose avant tout sur son intégrité et sa capacité à exercer ses fonctions avec indépendance. Une orientation qui place la question du comportement et de la responsabilité individuelle au cœur du fonctionnement de l’institution judiciaire.

L’efficacité, mais aussi la confiance des citoyens

Cette rentrée judiciaire intervient donc avec plusieurs défis : améliorer le traitement des dossiers, réduire les délais, renforcer la qualité des décisions et consolider la déontologie des magistrats.

Derrière ces objectifs se trouve une préoccupation majeure : la relation entre la justice et le citoyen. Une institution judiciaire ne peut pleinement remplir sa mission que si ses décisions sont comprises, respectées et rendues dans des délais compatibles avec les exigences de l’État de droit.

L’année judiciaire 2026-2027 s’annonce ainsi comme une période de consolidation, au cours de laquelle les nouveaux responsables des juridictions supérieures devront donner une traduction concrète aux engagements annoncés lors de cette rentrée.

L’ambition affichée est claire : une justice plus rigoureuse dans ses décisions, plus efficace dans son fonctionnement et plus exigeante sur les principes qui fondent l’exercice de la magistrature.


Jean-Marc Obiang
Rédacteur en chef
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