Le Brent a clôturé à 107,63 dollars jeudi
10 septembre, en hausse de plus de 20 % depuis la reprise des combats
au Moyen-Orient fin août. Une flambée qui met sous pression les équilibres
économiques du Maroc, dont le budget 2026 avait été construit sur une hypothèse
de 65 dollars le baril.
Le Royaume dispose encore de plusieurs
amortisseurs, mais une envolée durable des cours pourrait rapidement compliquer
les arbitrages entre pouvoir d’achat, soutien aux prix, investissements
publics et maîtrise du déficit.
Une facture énergétique déjà sous
pression
Les premiers effets sont visibles. Au premier
semestre 2026, la facture énergétique marocaine a atteint 68,6
milliards de dirhams, en progression de 28,9 % sur un an. Les
importations de gasoil et de fuel ont bondi de 44,7 %, tandis que le déficit
commercial s’est creusé de 23,5 %, à 198,4 milliards de dirhams.
Ces chiffres ne tiennent pas encore compte de la
nouvelle flambée des cours enregistrée en septembre.
Des marges budgétaires qui se réduisent
Depuis la libéralisation des prix de l’essence et
du gasoil, une partie du choc pétrolier est directement supportée par les
ménages et les entreprises. L’État continue toutefois de soutenir le gaz
butane, certains produits alimentaires, les transports et indirectement
l’électricité.
Or, l’enveloppe de compensation de 13,8
milliards de dirhams prévue pour 2026 était déjà consommée à 93,4 %
fin juillet. Une rallonge de 20 milliards de dirhams, décidée
dès mai, pourrait donc rapidement s’avérer insuffisante si les cours restent
durablement au-dessus de 100 dollars.
Le Maroc peut-il absorber le choc ?
Le Royaume conserve néanmoins des atouts :
progression des recettes ordinaires, dynamisme du tourisme, transferts des
Marocains résidant à l’étranger et amélioration de certaines recettes fiscales.
Mais un pétrole durablement installé au-dessus de
100 dollars, voire autour de 120 dollars,
réduirait considérablement les marges de manœuvre de Rabat. Le gouvernement
pourrait alors être contraint de cibler davantage les aides, augmenter
certaines recettes, recourir à l’endettement ou revoir le calendrier de
certains investissements.
À court terme, le budget marocain peut
encore absorber le choc. Mais si le pétrole reste durablement au-dessus des 100
dollars, une question devient incontournable : qui paiera la facture, l’État, les
entreprises ou les ménages ?








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