Le Conseil de sécurité des Nations unies a voté à l’unanimité, vendredi,
pour une courte prolongation de l’embargo
sur les armes visant le Darfour, alors que les discussions se
poursuivent autour d’une proposition américaine visant à étendre la mesure à
l’ensemble du Soudan.
Washington souhaite utiliser cet embargo comme
un moyen de pression sur les parties belligérantes afin de les pousser à mettre
fin à une guerre qui dure depuis avril 2023. Mais l’initiative se heurte déjà à
l’opposition de la Russie, membre
permanent du Conseil de sécurité et soutien du gouvernement soudanais.
Moscou a clairement annoncé son intention de
bloquer toute extension de l’embargo. La vice-ambassadrice russe à l’ONU, Anna
Evstigneeva, a affirmé que son pays ne permettrait « le moindre élargissement »
des restrictions actuelles.
La Chine a également exprimé des réserves,
estimant qu’un embargo national pourrait aggraver la crise humanitaire et
accentuer les risques de fragmentation du Soudan.
De son côté, Khartoum rejette également l’idée
d’un embargo généralisé, qu’il considère comme contraire au droit des États à
se défendre et à protéger leur souveraineté.
Pour les États-Unis, toutefois, le dispositif
actuel est devenu « obsolète » et
insuffisant face à la réalité du conflit. Washington réclame également
des sanctions contre les responsables d’exactions, notamment les violences
sexuelles, les enlèvements et les attaques contre les humanitaires.
Avec
des dizaines de milliers de morts, environ 13 millions de déplacés et des zones confrontées à la
famine, le Soudan demeure au cœur de l’une des crises humanitaires les plus
graves au monde. Reste désormais à savoir si les divisions au Conseil de
sécurité permettront aux États-Unis de faire avancer leur projet d’embargo à
l’échelle nationale.







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