Il a accusé la France, avec le soutien de l’Ukraine et de deux autres pays qu’il n’a pas nommés, d’appuyer des groupes armés qui, selon lui, seraient positionnés dans le nord-est du Niger et prépareraient des attaques contre des positions militaires et des installations pétrolières.
Des accusations lourdes, sans éléments publics détaillés
Le chef du gouvernement nigérien a affirmé que ces groupes seraient « armés, gérés et dirigés » par des acteurs étrangers. Il n’a toutefois pas identifié publiquement les groupes concernés ni présenté, dans son intervention, les éléments permettant d’établir de manière indépendante le rôle attribué à la France et à l’Ukraine. Des sources ayant rapporté le discours soulignent également que ces accusations n’ont pas été vérifiées de manière indépendante.
Lamine Zeine a inscrit ces accusations dans une lecture plus large de la crise sahélienne. Selon lui, les violences dans la région ne peuvent être expliquées uniquement par le terrorisme ou les fragilités internes. Il a évoqué ce qu’il présente comme une stratégie de « recolonisation » motivée notamment par l’intérêt porté aux ressources naturelles du Niger, du Mali et du Burkina Faso : uranium, or, lithium, gaz et pétrole.
Le pétrole au cœur des préoccupations
Cette prise de position intervient alors que le Niger cherche à renforcer le contrôle de ses ressources et de ses infrastructures stratégiques. Depuis la rupture politique avec la France après le coup d’État de juillet 2023, Niamey revendique une politique de souveraineté accrue, notamment dans les domaines sécuritaire, minier et énergétique.
Les installations pétrolières occupent désormais une place stratégique dans cette nouvelle orientation. L’oléoduc reliant les champs pétrolifères d’Agadem au terminal d’exportation sur la côte béninoise constitue notamment une infrastructure majeure pour les ambitions pétrolières du pays. Dans ce contexte, toute menace pesant sur les installations énergétiques représente un enjeu à la fois sécuritaire et économique.
Niamey maintient son discours de souveraineté
Dans son intervention, le Premier ministre nigérien a parallèlement assuré que son pays ne recherchait pas la confrontation avec les autres États. Il a défendu une coopération sécuritaire fondée, selon lui, sur le respect de la souveraineté et des intérêts mutuels. Il a également réaffirmé l’importance de l’Alliance des États du Sahel, réunissant le Niger, le Mali et le Burkina Faso.
Le discours de Lamine Zeine place ainsi la question de la souveraineté, des ressources naturelles et des alliances internationales au centre de la stratégie diplomatique du Niger. Mais au-delà de la portée politique de ces accusations, leur crédibilité dépendra désormais d'éléments vérifiables permettant d’établir précisément l’identité des groupes évoqués, leurs éventuels soutiens et la réalité de la menace annoncée contre les infrastructures nigériennes.






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