Le président Luiz Inácio Lula da Silva a signé vendredi 25 septembre une mesure provisoire mettant fin à l’exploitation, à l’offre, à l’intermédiation et à la publicité des paris à cote fixe, les fameuses « bets ». La mesure concerne aussi bien les paris sportifs que les jeux en ligne.
Un calendrier de fermeture déjà fixé
La décision prévoit une période de transition particulièrement courte. Depuis le 25 septembre, les plateformes ne peuvent plus accepter de nouveaux dépôts. Les joueurs disposent jusqu’au 5 octobre à 23h59 pour récupérer volontairement les sommes encore présentes sur leurs comptes. À partir du 6 octobre, les sites et applications concernés doivent être retirés du marché brésilien.
Les soldes qui n’auront pas été récupérés feront ensuite l’objet d’une procédure de restitution par l’intermédiaire des établissements financiers. Le gouvernement prévoit également la suppression des nouvelles opérations publicitaires et un dispositif spécifique de lutte contre les plateformes illégales.
Lula invoque l’endettement des ménages
Pour justifier cette décision, le président brésilien met en avant les conséquences sociales et financières du développement des paris en ligne. Selon des données citées par les autorités brésiliennes, les ménages auraient perdu plus de 60 milliards de réais en 2025 sur les plateformes de paris. Le gouvernement présente désormais l’addiction aux paris comme un problème de santé publique.
Lors de la cérémonie de signature, Lula a qualifié les paris en ligne de « cancer », estimant qu'il fallait supprimer le « tumeur » avant qu'elle ne cause davantage de dégâts. Il a également établi un parallèle avec les conséquences de la dépendance au crack.
Une décision qui touche aussi le football
La mesure intervient dans un pays où les plateformes de paris occupent une place importante dans le financement et le sponsoring du football professionnel. Plusieurs clubs et acteurs du secteur avaient exprimé leur opposition à une interdiction totale, mettant en avant les conséquences financières potentielles de la disparition de ces contrats de sponsoring.
La mesure provisoire doit désormais s’inscrire dans le processus législatif brésilien. Elle possède une force immédiate, mais son maintien à terme dépendra de son examen par le Congrès national.
Une décision au cœur de la campagne électorale
L’annonce intervient à quelques jours de l’élection présidentielle brésilienne du 4 octobre. Cette proximité avec le scrutin alimente déjà les commentaires politiques.
Des adversaires de Lula, dont Flávio Bolsonaro, ont dénoncé une dimension électorale de la décision, tandis que le gouvernement la présente comme une réponse à un problème d’endettement et de santé publique.
Le débat dépasse désormais la seule question des paris sportifs : il porte sur l'équilibre entre protection des ménages, liberté économique, financement du sport, fiscalité et lutte contre le marché clandestin. La mise en œuvre de l'interdiction et son examen par le Congrès permettront de mesurer la portée réelle de ce spectaculaire changement de politique.






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