Un rapport du Sénat français pourrait relancer le débat sur l’accueil des étudiants étrangers dans les universités françaises.
Déposé le 7 septembre 2026, le rapport n°943, intitulé « Universités : assumer l’excellence », préconise notamment une évolution de la politique d’accueil des étudiants internationaux, avec davantage d’attention portée au niveau académique, aux filières prioritaires et à l’origine géographique des étudiants. Il s’agit toutefois de recommandations parlementaires et non d’une loi en vigueur.
Une forte présence africaine dans les universités françaises
Le rapport relève une importante présence des étudiants originaires d’Afrique parmi les étudiants internationaux. Pour l’année universitaire 2024-2025, l’Afrique du Nord-Moyen-Orient représente 27 % des étudiants étrangers étudiés dans le rapport, tandis que l’Afrique subsaharienne en représente 26 %. L’Asie-Océanie compte 13 % et les Amériques 8 %. Le document explique notamment cette forte présence africaine par les liens historiques et linguistiques avec la France.
Le rapport met également en avant des écarts de réussite universitaire. Pour les étudiants primo-inscrits en première année de licence en 2020-2021, le taux de réussite en trois ou quatre ans est de 28 % pour les étudiants originaires d’Afrique, contre 38 % pour l’ensemble des étudiants et 47 % pour ceux originaires d’Asie-Océanie. Ces chiffres constituent un constat statistique du rapport, mais ne permettent pas, à eux seuls, d’attribuer les écarts à une seule cause. Les conditions d’accueil, l’accompagnement et les caractéristiques des parcours font notamment partie des facteurs à considérer.
Vers une sélection plus ciblée ?
Parmi ses recommandations, la commission d’enquête propose de réguler davantage l’accueil des étudiants internationaux, en favorisant notamment les filières prioritaires, les régions actuellement sous-représentées — notamment l’Asie-Océanie et les Amériques — ainsi que les niveaux master et doctorat. Elle recommande également de renforcer les exigences relatives aux ressources financières et à la maîtrise du français, ainsi que les dispositifs de bourses d’excellence.
Le rapport propose par ailleurs une évolution des droits d’inscription dans l’enseignement supérieur public : 900 euros en licence et 1 300 euros en master, contre les montants actuels, avec une refonte des bourses sur critères sociaux et un renforcement de la prise en compte du mérite. Il recommande aussi de rendre systématique le paiement des droits différenciés pour les étudiants extracommunautaires qui ne bénéficient pas d’une exonération. Ces propositions devront toutefois franchir les différentes étapes politiques et réglementaires avant toute éventuelle application.
Pour les étudiants africains, particulièrement nombreux dans l’enseignement supérieur français, ce rapport constitue donc un document à suivre. Il ne signifie pas une modification immédiate des conditions d’accès aux universités françaises, mais il expose clairement plusieurs orientations proposées par la commission d’enquête : recrutement international davantage ciblé, exigences renforcées et évolution du financement universitaire. La question centrale sera désormais de savoir quelles recommandations seront effectivement reprises par les pouvoirs publics.







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