Accueil / Afrique de l'Ouest / Mali : l’armée annonce son entrée à Kidal après le retrait des séparatistes touaregs
Afrique de l'Ouest

Mali : l’armée annonce son entrée à Kidal après le retrait des séparatistes touaregs

L’armée malienne affirme avoir repris pied mardi à Kidal, ville stratégique du nord du pays, après l’annonce par le Front de libération de l’Azawad (FLA) d’un retrait de ses combattants face à l’avancée des forces gouvernementales.

Mali : l’armée annonce son entrée à Kidal après le retrait des séparatistes touaregs
Soldat malien à Kidal

Selon deux officiers maliens cités par l’AFP, un convoi militaire parti d’Anéfis a atteint Kidal peu avant 13 heures sans rencontrer de résistance. Les militaires affirment avoir pris position dans la ville et poursuivi leurs opérations de sécurisation.


Cette entrée des forces gouvernementales intervient dans le cadre d’une offensive plus large engagée dans la région de Kidal. L’armée malienne avait annoncé le lancement d’importantes opérations terrestres et aériennes visant plusieurs zones du nord du pays.

Ces opérations sont menées, selon les autorités militaires maliennes, avec l’appui de l’Africa Corps russe, dans le cadre du renforcement de la coopération sécuritaire entre Bamako et Moscou.

Un officier basé à Gao a également indiqué que les forces maliennes étaient engagées depuis plusieurs jours dans des opérations autour de Kidal, avec pour objectif affiché de sécuriser la zone et de combattre les groupes armés présents dans la région.

Les séparatistes annoncent un « retrait stratégique »

Avant l’arrivée des forces gouvernementales dans la ville, le FLA avait annoncé le retrait de ses combattants.

Le mouvement a présenté cette décision comme un « retrait stratégique et contrôlé », expliquant vouloir préserver la vie de ses membres, protéger ses capacités militaires et logistiques et éviter une confrontation directe avec les forces maliennes.

Le groupe assure toutefois que ce retrait est temporaire.

Cette annonce intervient alors que le nord du Mali reste marqué par la présence de plusieurs groupes armés aux objectifs différents, notamment des mouvements séparatistes touaregs et des organisations jihadistes.

Kidal, un enjeu majeur du conflit malien

La ville de Kidal occupe une place particulière dans la crise sécuritaire et politique qui secoue le Mali depuis plus d’une décennie. Sa situation géographique et son importance historique en font un point stratégique dans le contrôle du nord du pays.

Les affrontements et offensives successives ont notamment opposé les forces gouvernementales à des groupes séparatistes et jihadistes. Le texte fourni indique qu’une précédente offensive lancée à la fin du mois d’avril avait permis à des séparatistes touaregs et à des combattants du JNIM, lié à Al-Qaïda, de prendre le contrôle de la ville.

La progression actuelle de l’armée malienne marque donc une nouvelle étape dans la lutte pour le contrôle de cette zone stratégique.

Bamako poursuit son rapprochement avec Moscou

Cette évolution intervient également dans un contexte de recomposition des alliances sécuritaires du Mali.

Depuis leur arrivée au pouvoir, les autorités militaires maliennes ont progressivement réduit leur coopération avec la France et renforcé leurs relations militaires et politiques avec la Russie. Cette nouvelle orientation s’inscrit dans une volonté affichée par Bamako de revoir ses partenariats sécuritaires et de renforcer les capacités nationales face aux groupes armés.

La reprise annoncée de Kidal constitue ainsi un épisode important de la bataille pour le contrôle du nord du Mali. Reste désormais à savoir si les forces gouvernementales parviendront à maintenir durablement leur présence dans la ville et à sécuriser l’ensemble de la région, confrontée depuis 2012 à une succession de violences impliquant groupes jihadistes, mouvements séparatistes et réseaux criminels.


Hady Ledjiad
Directeur de la publication
Retrouvez tous les articles de Hady Ledjiad sur MédiaNews.
PublicitéPublicité

À lire aussi

Commentaires

Aucun commentaire pour le moment. Soyez le premier à réagir à cet article.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les commentaires sont modérés avant publication.