La nouvelle mobilisation contre l’insalubrité dans le Grand Libreville intervient après deux années de réorganisation progressive du dispositif de collecte. Depuis 2024, Clean Africa a expérimenté puis étendu un modèle fondé notamment sur la proximité, la pré-collecte et une responsabilisation accrue des ménages. L’urgence actuelle pose désormais une question centrale : comment transformer ces orientations en résultats visibles et durables ?
Sur le papier, le nouveau schéma avait plusieurs objectifs : améliorer la fréquence des collectes, réduire progressivement les points d’apport volontaire, mieux desservir les quartiers difficiles d’accès et renforcer la sensibilisation. Son déploiement progressif dans les différents arrondissements devait permettre d’adapter le dispositif aux réalités locales et d’améliorer progressivement la couverture du territoire.
Cependant, les difficultés observées en 2026 montrent que la gestion des déchets demeure confrontée à plusieurs contraintes. Les dépôts sauvages persistent dans certains secteurs et les opérations peuvent être perturbées par des événements affectant la chaîne logistique. L’incendie survenu sur le site de Mindoubé en septembre a notamment entraîné des difficultés de dépotage et contribué à perturber la collecte dans plusieurs quartiers.
À ces contraintes s’ajoute la nécessité d’une coordination renforcée entre les communes, les opérateurs et les populations. La collecte de proximité ne peut produire pleinement ses effets que si les passages sont réguliers, si les équipements sont disponibles et si les habitants respectent les horaires et les circuits définis. La lutte contre les dépôts anarchiques suppose également un cadre réglementaire appliqué de manière cohérente sur l’ensemble du territoire concerné.
Le plan d’urgence engagé à l’échelle du Grand Libreville constitue ainsi une nouvelle étape. Pour Clean Africa, il s’agit désormais de consolider les mécanismes déployés depuis 2024 et de démontrer leur efficacité dans un contexte de forte exigence des populations et des autorités. Pour les collectivités, l’enjeu sera de renforcer la coordination et le contrôle. Quant aux habitants, leur participation restera déterminante. Après deux années de transformation du modèle, le véritable indicateur sera désormais visible dans les rues : une collecte plus régulière, moins de dépôts sauvages et une amélioration durable du cadre de vie.








Commentaires
Aucun commentaire pour le moment. Soyez le premier à réagir à cet article.
Laisser un commentaire
Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les commentaires sont modérés avant publication.