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Harold Leckat Igassela transforme une épreuve en plaidoyer pour la réforme au Gabon

Près d’un an après les événements du 15 octobre 2025, le journaliste, entrepreneur et juriste gabonais Harold Leckat Igassela a présenté, samedi 3 octobre à Paris, son nouvel ouvrage publié aux Éditions Jets d’Encre.

Harold Leckat Igassela transforme une épreuve en plaidoyer pour la réforme au Gabon

À travers ce livre, l’auteur revient sur une trajectoire personnelle marquée par le droit, le journalisme et l’entrepreneuriat, tout en portant un regard critique sur l’environnement dans lequel évoluent les acteurs économiques et médiatiques au Gabon.


La présentation s’est déroulée devant des journalistes, des proches et plusieurs invités. L’occasion pour Harold Leckat Igassela de revenir sur un parcours professionnel entamé au cabinet Jules Obiang, dont il a été licencié en décembre 2015, avant son passage au groupe Oloumambè, éditeur de La Loupe et de L’Aube, puis la création de Gabon Media Time.

Du vécu personnel au débat public

L’ouvrage revient notamment sur les événements d’octobre 2025 et sur la période qui a suivi. L’auteur explique avoir choisi de prendre du recul avant de rendre publique son expérience. Une démarche qu’il présente comme une volonté de comprendre, de documenter et de donner du sens à ce qu’il avait vécu.

Lors de la rencontre avec la presse, Harold Leckat Igassela a également tenu à préciser la portée de sa démarche. Il ne présente pas son ouvrage comme un règlement de comptes avec les institutions, mais comme une invitation à réfléchir aux dysfonctionnements susceptibles d’affecter l’État de droit et l’environnement professionnel.

Son propos se veut ainsi davantage tourné vers la réforme que vers la confrontation. Une manière, selon lui, de transformer une expérience individuelle en sujet de réflexion collective.

La prévisibilité des règles au cœur des préoccupations

L’un des principaux axes développés dans l’ouvrage concerne ce que l’auteur décrit comme une forme de « brimade institutionnelle ». Il ne s’agirait pas, selon sa lecture, d’un événement unique, mais plutôt de l’accumulation de difficultés administratives, de lenteurs, de procédures prolongées et d’engagements qui tardent à se concrétiser.

Cette situation, estime-t-il, peut progressivement fragiliser les entrepreneurs et décourager l’initiative privée. D’où son appel à davantage de lisibilité dans l’action publique, à une meilleure prévisibilité des règles et à des mécanismes de recours réellement efficaces.

L’auteur plaide également pour que les différends économiques ne conduisent pas systématiquement à une réponse pénale lorsque des voies juridiques et commerciales peuvent permettre leur règlement.

Des responsabilités partagées

Le plaidoyer porté par Harold Leckat Igassela ne s’adresse toutefois pas uniquement aux pouvoirs publics. Il rappelle également que les entrepreneurs ont leur part de responsabilité dans l’amélioration de l’environnement économique.

Transparence, respect des obligations légales, conformité et responsabilité sociale figurent ainsi parmi les exigences qu’il estime nécessaires pour consolider la confiance entre les acteurs économiques et les institutions.

Cette approche traduit la volonté de l’auteur de défendre un cadre plus équilibré, dans lequel la puissance publique garantit la sécurité juridique tandis que les entreprises assument pleinement leurs responsabilités.

Faire d’une expérience personnelle une réflexion collective

À travers cet ouvrage, Harold Leckat Igassela entend donc dépasser le seul récit personnel. Son ambition affichée est de faire de cette publication un support de discussion sur les conditions d’exercice du journalisme et de l’entrepreneuriat au Gabon.

La présentation parisienne s’est achevée par une séance de dédicaces et un cocktail dînatoire. Pour l’auteur, cette nouvelle étape marque surtout le passage d’une expérience vécue individuellement à un débat qu’il souhaite désormais inscrire dans une réflexion plus large sur l’État de droit, la sécurité juridique et la liberté d’entreprendre au Gabon.


Marie-Claire Bongo
Correspondante
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