La question de l’insalubrité ne peut être réduite à la seule capacité des camions à enlever les déchets. Elle renvoie également à l’organisation de la collecte et au comportement des usagers. C’est sur cette articulation que Clean Africa a progressivement construit, depuis 2024, un modèle privilégiant davantage la proximité et la responsabilisation des ménages.
Ce deuxième volet s’intéresse donc à un aspect moins visible mais essentiel de cette transformation : la volonté de modifier le parcours du déchet, depuis son lieu de production jusqu’à sa prise en charge. Horaires de collecte, pré-collecte, réduction des points d’apport volontaire et sensibilisation constituent les différents éléments d’un système qui suppose une implication de l’ensemble des acteurs.
Dans la lutte contre l’insalubrité, la question ne se limite pas au nombre de camions disponibles. Elle concerne également la manière dont les déchets sont collectés, stockés et acheminés. Depuis 2024, Clean Africa a progressivement développé un modèle davantage orienté vers la collecte de proximité, avec l’ambition de rapprocher les équipes des ménages et de réduire la dépendance aux points d’apport volontaire.
Dans ce schéma, les habitants sont appelés à conserver leurs déchets avant de les remettre aux équipes de collecte lors des passages programmés. Clean Africa indique un fonctionnement reposant sur plusieurs jours de collecte par semaine dans les arrondissements concernés. L’objectif est notamment d’éviter que les déchets ne restent durablement exposés dans les rues ou ne s’accumulent autour de points de dépôt.
Le dispositif prend également en compte la configuration particulière de certains quartiers. Lorsque les camions ne peuvent pas accéder directement aux habitations, des pré-collecteurs peuvent intervenir pour acheminer les déchets vers des points de regroupement. Cette organisation permet théoriquement de créer un lien entre les zones résidentielles difficiles d’accès et les moyens lourds de collecte.
Mais la réussite d’un tel modèle dépend également du comportement des populations. C’est pourquoi Clean Africa a parallèlement développé des actions de sensibilisation portant sur les horaires de passage, les circuits de collecte, le tri et les bonnes pratiques. En 2024, plusieurs opérations avaient notamment associé nettoyage des espaces publics et sensibilisation des habitants, notamment des jeunes.
Cette évolution traduit un changement de logique : la propreté urbaine ne repose plus uniquement sur l’intervention du collecteur, mais sur une chaîne impliquant les collectivités, les opérateurs et les citoyens. Les autorités locales doivent organiser et faire respecter les règles, les populations doivent respecter les horaires et les circuits établis, tandis que le collecteur doit assurer la régularité du service. Dans le contexte actuel du Grand Libreville, c’est cette coordination qui pourrait déterminer l’efficacité réelle du modèle.








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