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Clean Africa face au défi de l’insalubrité dans le Grand Libreville : deux ans de transformation, un nouveau test grandeur nature

Alors que le Grand Libreville vient de renforcer son dispositif de lutte contre l’insalubrité, la chronologie des actions menées dans le secteur révèle une évolution engagée bien avant l’actuelle mobilisation des pouvoirs publics.

Clean Africa face au défi de l’insalubrité dans le Grand Libreville : deux ans de transformation, un nouveau test grandeur nature

Alors que la question de l’insalubrité s’impose de nouveau au cœur des préoccupations dans le Grand Libreville, MédiaNews propose un dossier en trois volets consacré à l’évolution du dispositif de collecte et aux réponses apportées ces dernières années. L’objectif de cette série est de revenir sur les changements engagés depuis 2024, d’en analyser les principales orientations et d’observer ce qu’ils peuvent apporter dans le contexte actuel.

À travers ce dossier, il ne s’agit ni de dresser un bilan définitif de l’action de Clean Africa, ni de présenter l’entreprise comme seule responsable de la situation sanitaire et environnementale de la capitale. La gestion des déchets implique en effet plusieurs acteurs : collectivités locales, opérateurs, ménages et autres parties prenantes. L’analyse cherche plutôt à replacer les initiatives engagées dans leur chronologie et à mettre en lumière les mécanismes qui peuvent contribuer à améliorer durablement la collecte.

Insalubrité : en 2024, Clean Africa avait déjà engagé le virage de la collecte de proximité

Alors que le Grand Libreville vient de renforcer son dispositif de lutte contre l’insalubrité, la chronologie des actions menées dans le secteur révèle une évolution engagée bien avant l’actuelle mobilisation des pouvoirs publics. Dès juillet 2024, Clean Africa avait adopté un nouveau Schéma Directeur de Collecte des déchets destiné à modifier progressivement les méthodes de ramassage dans l’agglomération.

Le changement reposait notamment sur un principe : rapprocher davantage le service de collecte des ménages. Le dispositif prévoyait plusieurs passages hebdomadaires dans les différents arrondissements, sur les voies principales et secondaires accessibles. Dans les secteurs où les camions ne pouvaient pas intervenir directement, la pré-collecte devait permettre d’assurer le relais jusqu’aux points de regroupement.

Le déploiement avait débuté le 2 septembre 2024 dans le 6e arrondissement de Libreville, avant de s’étendre progressivement aux 2e et 3e arrondissements, puis aux autres secteurs de la capitale et à Akanda. Cette montée en puissance témoignait d’une volonté d’adapter le dispositif aux réalités du terrain, plutôt que de s’appuyer exclusivement sur un modèle centralisé autour des points d’apport volontaire.

La stratégie intégrait également la réduction progressive de ces points de dépôt, le développement du tri à la source et une implication accrue des ménages. L’objectif était de faire évoluer les habitudes de collecte tout en limitant la présence durable des déchets dans l’espace public. Une approche qui rejoint aujourd’hui plusieurs des problématiques placées au centre du plan d’urgence du Grand Libreville.

Deux ans après son lancement, ce dispositif ne permet évidemment pas, à lui seul, de résoudre l’ensemble des difficultés liées à l’insalubrité. La persistance des dépôts sauvages, les contraintes logistiques et les perturbations affectant la chaîne de traitement montrent que le système reste perfectible. Mais la chronologie établit un fait : la réflexion sur une collecte davantage axée sur la proximité avait commencé chez Clean Africa bien avant la nouvelle mobilisation intercommunale de 2026.

Jean-Marc Obiang
Rédacteur en chef
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