Présentée comme un outil de transformation locale, l’infrastructure doit permettre au pays de traiter une partie de son or sur son propre territoire plutôt que de l’exporter uniquement sous forme brute.
Installée sur un site de cinq hectares à Ouaga 2000, la raffinerie dispose d’une capacité annoncée de 400 kilogrammes d’or par jour, soit environ 150 tonnes par an. Le complexe comprend notamment une unité de raffinage, un laboratoire d’analyse, une fonderie, des espaces de stockage sécurisé ainsi qu’une bijouterie. Les lingots produits pourront atteindre une pureté de 99,99 %, selon les données communiquées par les autorités.
Une nouvelle étape pour la filière aurifère
L’enjeu dépasse la seule transformation industrielle. Pour les autorités burkinabè, RAFFINOR-BF doit contribuer à conserver davantage de valeur ajoutée dans le pays et à renforcer le contrôle de la chaîne aurifère. Le ministre de l’Énergie, des Mines et des Carrières, Yacouba Zabré Gouba, a ainsi résumé l’orientation gouvernementale en affirmant que l’or devait être « transformé, contrôlé, valorisé et certifié » au Burkina Faso.
Cette ambition intervient dans un contexte où l’or occupe une place centrale dans l’économie nationale. En 2025, la production aurifère du Burkina Faso a dépassé 94 tonnes, dont près de 43 tonnes provenant de l’exploitation artisanale et semi-mécanisée. Le secteur minier a généré cette année-là plus de 776 milliards de FCFA de recettes budgétaires, selon les données présentées par le gouvernement.
De l’extraction à la transformation
La première pierre de RAFFINOR-BF avait été posée le 23 novembre 2023. Près de trois ans plus tard, sa mise en service marque donc le passage d’une logique essentiellement extractive à une volonté affichée de développer davantage la transformation locale.
Le complexe devrait également contribuer à l’emploi, avec 100 emplois directs et environ 5 000 emplois indirects annoncés par les autorités.
Avec RAFFINOR-BF, le Burkina Faso cherche ainsi à franchir un nouveau palier dans la gestion de sa principale ressource minière. Reste désormais à mesurer, dans la durée, la capacité de la raffinerie à fonctionner à son niveau annoncé, à intégrer efficacement la production nationale et à accroître concrètement la valeur ajoutée captée par l’économie burkinabè.








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