Dans une déclaration officielle publiée ce 8 octobre 2026, le Rassemblement pour la démocratie et le progrès (RDP) estime que l’exigence de remboursement est légitime, mais appelle surtout à davantage de transparence sur le montant réellement récupéré, l’identité des débiteurs concernés et la destination des fonds.
Selon le RDP, les 1 700 milliards de FCFA évoqués représentent près de 31 % du budget rectificatif de l’État pour 2026. Le parti considère que cette somme ne peut être appréhendée comme une dette homogène, puisqu’elle regrouperait, selon son communiqué, des créances de différentes natures, certaines liées à des irrégularités ou à des situations désormais difficiles à recouvrer.
Le parti estime ainsi qu’au-delà du chiffre annoncé, la question centrale demeure celle de la traçabilité. « Un ultimatum sans bilan est un ultimatum sans crédibilité », affirme le RDP, qui déplore l’absence, à sa connaissance, d’un bilan officiel détaillant les sommes déjà recouvrées.
Combien l’État a-t-il réellement récupéré ?
C’est l’une des principales interrogations soulevées par la formation politique. Le RDP indique qu’aucun chiffre officiel n’aurait encore été communiqué sur les remboursements effectués depuis le lancement de la procédure.
Le parti réclame donc la publication d’un bilan chiffré permettant de distinguer les sommes encaissées, les montants restant dus et les procédures engagées. Il demande également que la liste officielle des débiteurs soit rendue publique, tout en évoquant les contestations formulées par certaines personnes citées dans le dossier ainsi que par des proches de débiteurs décédés.
La destination des fonds au cœur du débat
Pour le RDP, la restitution de fonds publics ne devrait pas se limiter à une opération comptable. Le parti souhaite connaître précisément l’affectation des sommes récupérées.
Dans son communiqué, il demande que ces fonds soient orientés de manière transparente, notamment vers les secteurs concernés par les contrôles évoqués, tels que la sécurité sociale, les évacuations sanitaires et l’aide aux Gabonais en difficulté, ou vers l’apurement de la dette intérieure.
Cette demande traduit une préoccupation plus large : celle de pouvoir suivre le parcours de l’argent public une fois celui-ci recouvré.
Responsabilité individuelle et respect des procédures
Le RDP aborde également la question des débiteurs qui n’auraient pas procédé au remboursement. Le parti indique que la transmission de certains dossiers à la Cour criminelle spécialisée est annoncée, tout en appelant au respect de la présomption d’innocence.
Il insiste notamment sur la nécessité de distinguer les responsabilités individuelles des éventuelles conséquences successorales. Pour le RDP, une éventuelle irrégularité commise par un responsable ne saurait automatiquement être imputée à ses proches.
Le parti pose par ailleurs la question du suivi institutionnel du recouvrement, alors que la Cour des comptes se trouve au centre de ce dossier. Il demande notamment que soit clarifié le rôle respectif de la Cour, du Trésor public et, le cas échéant, du parquet.
« Les Gabonais ne veulent pas d’un feuilleton »
À travers cette déclaration, le RDP cherche finalement à déplacer le débat du seul montant annoncé vers celui de la reddition des comptes.
Le parti formule trois demandes principales : la publication d’une liste officielle et d’un bilan chiffré, une affectation transparente des fonds recouvrés et des procédures équitables respectant l’indépendance de la Cour des comptes.
« Les Gabonais ne veulent pas d’un feuilleton. Ils veulent des comptes, et des comptes qui tombent juste », conclut le porte-parole du RDP, Warren Kenny Opiangah.
Au-delà de la polémique politique, le communiqué pose ainsi une question essentielle de gouvernance publique : comment garantir que le recouvrement annoncé des créances de l’État s’accompagne d’une information claire, vérifiable et accessible sur les montants récupérés, les procédures engagées et l’utilisation des fonds ?








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